Critique 10 count 5

Le tome précédent fut particulièrement intense  et riche en révélation avec d'une part l'origine de la mysophobie de Shirotani qui se dévoilait à nous à travers un épisode douloureux de son enfance et d'autre part le déclic de ce dernier provoqué par l'évolution de sa relation avec Kurose. Pour le moment, l'auteure tient bon continuant de pousser sa réflexion sur le masochisme et le sadisme conférant ainsi une originalité incontestable au titre qu'il plaise ou non. Pour ma part, j'attends comme une affamée de pouvoir me jeter sur la suite de ce récit alambiqué comme chaque année.

Shirotani commence tout doucement à comprendre que c'est lui qui est sale et non l'environnement dans lequel il évolue. Il a donc peur de contaminer l'autre, une peur qui trouve une explication sensée dans les événements vécus durant son enfance. Cette prise de conscience va donc lui permettre de faire un pas de plus vers Kurose qui n'attendait que ça mais qui en bon sadique qui se respecte aime pousser son amant dans ses retranchements.

Cette fois-ci, il a bien joué son coup en parvenant à conserver une attitude froide jusqu'à faire craquer Shirotani qui va lui révéler ce qu’il a sur le cœur mais surtout ses désirs inavouables. C'est toujours agréable de constater que Rihito Takarai continue même dans les moments qui sont censés être romantiques de faire en sorte que les personnages restent égal à eux même, cette déclaration en est clairement la preuve.

Il est assez facile de deviner la suite des événements après un échange aussi intense et révélateur de ce que les personnages désirent réellement. La température va ainsi très vite grimper pour notre plus grand plaisir révélant le sadisme de Kurose aussi clairement que de l'eau de roche que ce soit par ses paroles ou par ses expressions. Il prend tellement de plaisir en se complaisant dans sa perversité, lui qui a enfin obtenu ce qu'il voulait de Shirotani, qu’on ne sait plus où se mettre. Même ressenti du côté de Shirotani qui prend son pied à être « sali » par son amant avec un désir qui monte en puissance au fil de l’ébat car Kurose va lui aussi rentrer dans son jeu, la mise en scène et d'ailleurs là pour nous le rappeler.

Encore une fois on n'aura pas le droit à une simple scène érotique mais plutôt à des personnages qui laisseront exprimer leurs côtés pervers dans toute leur splendeur. La suite est toute aussi excellente puisque après avoir levé le voile sur le passé de Shirotani, l'auteure s'attaque à celui de Kurose. Non seulement, elle nous apporte des réponses à nos questions notamment sur la raison pour laquelle le jeune homme s’est anormalement intéressé à la mysophobie de Shirotani mais ce sera surtout l'occasion de se rendre compte qu'il lui était difficile de devenir un adulte sain d'esprit en vivant dans un milieu aussi toxique. Rihito Takarai continue ainsi de nous dépeindre des psychologies tordues avec toujours autant de réalisme.  

Les dernières pages se révéleront plus touchantes avec de personnages qui semblent rassurés de s’être trouvé, de se sentir enfin aimé et accepté malgré leurs côtés tordus. La dernière page est annonciatrice de chamboulement ne laissant ainsi que peu de répit à une relation qui vient tout juste de devenir sérieuse.  

8
Ce tome marque clairement un tournant dans la relation entre nos deux principaux protagonistes répondant chacun au désir de l’autre et leur permettant ainsi d’à nouveau avancer sur le chemin du bonheur. Au-delà de leurs troubles, ils aspirent tout simplement à être aimés et les petits changements qu’on aura pu déceler en fin de tome font donc réellement plaisir. Rihito Takarai continue de nous séduire avec une histoire d’amour peu conventionnelle en creusant toujours plus profondément le comportement pathologique de ses personnages. Teinté de belles évolutions, d’ébat sensuel et de révélations, la lecture se révèle encore une fois captivante !

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par snoopy

Lectrice assidue et dévoreuse de mangas à plein temps. Collectionneuse dans l'âme, jamais rassasiée au grand désespoir de mes proches.

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1 commentaire

Avatar de DéesseVonKiki

C'est marrant, parce qu'en fait toute ta description du tome que tu aimes tant dénonce exactement ce que je reproche à la série depuis le début. Tu évoques le côté sale de leur relation, pour autant comme l'auteur vous passez complètement à côté du problème. Ici, ce n'est pas une relation SM qui est mis en avant, parce que le SM est une relation égale entre deux individus. Une personne aime prendre son pied dans la douleur, l'autre en faisant mal, y'a un équilibre et surtout les deux sont maître de leur destin à tout instant. Or, ici avec ce psy qui à mon sens et je persiste n'a rien d'un psy est "Maître" et Shirotani, soumis. On parle donc de soumission à un autre être humain et non de SM. Et ce n'est pas du tout la même chose. Là où le SM reste exclusivement sexuel, une relation de Dominant à Soumis est un vécu du quotidien, tout le temps. Ce qui explique que le Soumis a beaucoup plus de mal à s'accepter soi-même et à réaliser que ce qu'il aime c'est être soumis, sali, tout le temps par un autre être humain. Quant à Kuruso, depuis le début ce gars est clairement dominant et pas seulement sadique. Il aime le contrôle et que son partenaire soit sa chose. Et du coup, c'est logique que les avis sur cette série soient si opposés. On nous a vendu du SM, or on se retrouve dans une relation tout autre, d'ailleurs j'invite les gens à lire des romans sur ce sujet pour bien différencier les deux genres. Personnellement, une relation SM ne me pose absolument aucun problème. Une relation Dominant/Soumis, selon le degré de soumission du plus faible peut me déranger ou carrément me rebuter. Ce fut le cas ici. On est presque dans du maître/esclave et forcément quand Takarai nous disait Mysophobie et SM, je m'attendais à autre chose. Bref, je respecte la direction de son Oeuvre, sauf qu'à un moment donné va vraiment falloir appeler un chat un chat et cesser de sous-évaluer la relation qu'elle décrit. ;)
Voilà, voilà, le reste c'est juste subjectif.