• Critique Vampire Kisses par

    Ayant dévoré les neuf tomes du roman Vampire Kisses en VO, malheureusement avorté en France au bout de trois par Castelmore, je me devais de sauter sur l'adaptation graphique en découvrant ses deux volumes français (correspondant aux trois tomes américains) au détour d'une boutique d'occasion. Il y a donc deux façons d'aborder ce global manga, selon que l'on aie lu les romans ou pas.

    Vampire Kisses, c'est l'histoire d'une jeune fille de seize ans obsédée par les vampires depuis l'enfance, seule gothique dans une petite ville typiquement américaine où tout est très formaté, habituée à son statut de marginale, et n'ayant pour seule amie que Becky, dont la ferme a pour seul tort de se trouver du mauvais côté de la ligne de train (comprenez « cataloguée plouc »). Jusqu'au jour où des nouveaux venus s'installent dans le vieux manoir sur la colline, dont un mystérieux jeune homme n'apparaissant que la nuit...
    La grande force des romans, c'était l'héroïne, certes cliché ambulant, mais terriblement attach(i)ante, toujours prête à se fourrer dans des situations impossibles, mais surtout absolument pas complexée, voire même fière de sa nature de paria, oscillant pendant neuf tomes entre son quotidien d'humaine et celui de vampire de son petit ami.

    Au lieu de retracer les évènements déjà traités dans le roman, Blood Relatives nous narre un épisode inédit, ce qui est plutôt un bon point, nouveaux venus comme lecteurs de l’œuvre d'origine pouvant y trouver leur compte. Rien n'empêchera ainsi les premiers de découvrir les livres par la suite, tandis que les seconds verront là un complément.
    Pour qui ne connaît pas la licence, une brève présentation des personnages apprend plus ou moins tout ce qu'il y a à savoir au début du manga. L'univers d'Ellen Schreiber n'a en effet rien de particulièrement complexe. Quant aux autres, ils seront en terrain connu, l'adaptation s'avérant particulièrement fidèle. On retrouve avec bonheur une Raven égale à elle-même, un Alexander hélas toujours aussi lisse, seule Becky semble nettement plus pétillante et fantasque. Au niveau des décors, on a droit là aussi à des lieux connus tirés des livres !

    Le problème, lorsque l'on a lu les romans, c'est que Blood Relatives est l'exemple même du spin-off mal intégré. Pourtant, ce manga a été scénarisé par Ellen Schreiber elle-même...
    Alors que l'auteure aurait pu (dû!) utiliser une allusion, même mineure, issue des romans pour élaborer cette histoire, les personnages et faits de Blood Relatives semblent être basés sur du vent. Bon, ça, à la rigueur, ça peut passer. Le vrai souci, c'est d'avoir placé tout ça approximativement vers la fin du tome 2 du roman, après la fuite d'Alexander à Hipsterville (évoquée en toutes lettres), mais avant l'apparition des jumeaux Maxwell à Dullsville... Du coup, gros problème de cohérence, puisque les répercussions des faits de Blood Relatives n'apparaissent évidemment pas dans les romans, alors que les héros auraient immanquablement fait un parallèle entre les agissements de Jagger et de Claude... Car, qu'il s'agisse du look ou de ses motivations, en passant par la dragouille envers Raven, Claude n'est qu'un Jagger bis. De par son background, Kat n'est qu'une seconde Luna. Et les autres, les seuls à ne pas être une copie carbone d'autres personnages, ne servent pour ainsi dire à rien.
    Du coup, l'on s'interroge. Au lieu de nous sortir du réchauffé à tous points de vue, pourquoi n'avoir tout simplement pas utilisé directement les jumeaux Maxwell ? Ça aurait été parfaitement crédible au vu du scénario !

    Bref, les néophytes n'y verront que du feu, et découvriront là une histoire complète, agréable à suivre, avec le très efficace cocktail humour/romance/péripéties que l'on trouvait déjà dans les romans. Mais si les autres y retrouveront sans mal tout ce qu'ils aiment, ils seront hélas les seuls à voir le plus gros défaut de Blood Relatives... … Ça, plus le graphisme vraiment mauvais sur la fin, dû à un changement d'illustratrice.

    Une série à découvrir tout de même, pour les uns comme pour les autres, c'est léger, c'est sympathique, on n'en demande pas plus. Mon coeur me criait de mettre un 7, malheureusement, l'objectivité m'obligeant à prendre en compte la grosse lacune graphique du dernier tiers de la série, ce ne pourra être que 6.

    Côté édition, il s'agit des petits formats de chez Soleil, très agréables à prendre en main. L'impression est nickel, la reliure aussi, par contre, des coquilles assez grosses ne manqueront pas de vous piquer les yeux. Heureusement, elles ne sont pas nombreuses.
    A noter enfin que la lecture s'effectue en sens occidental, ce qui n'est pas gênant.

    Enfin, pour ceux qui souhaiteraient poursuivre l'aventure, il existe un autre manga en édition US, Graveyard Games, faisant suite à Blood Relatives et issu de la collaboration avec un troisième illustrateur. Vous pourrez en lire la critique très prochainement ;)

    6

    Poison Lady - 20 août 2016

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