Détenu 042
Critique de kenshin : 

Je me rappel d'un film l'Expérience, que je vous conseille au passage, qui introduisait différents citoyens normaux dans le milieu carcérale afin d'étudier leurs comportements face à certaines situations méta stressantes dans cet environnement oppressant. Quel rapport avec notre manga me diriez vous? comment dire: aucun ou plus exactement tout l'inverse. Ce seinen nous décrit une expérience inovante et d'envergure à travers Tajima Ryôhei qui est condamne à mort. En fait l'enjeu du scénario reposera sur les comportements du héros et les réactions des personnages libres qui vont le côtoyer suite à la modification de la nature de sa peine en travaux forcer.
J'ai trouvé que cette petite série nous interpellait assez fréquemment et était assez émouvante. On ne peux que ressentir de la pitié face aux situations auxquelles est confronté Tajima. Certes celles-ci sont parfois banales et peuvent paraître anodine pour la majorité des gens, mais en se mettant à sa place quelques instants on ne peux qu'avoir une larme à l'oeil.
Le thème abordé est très intéressant. Toutefois après un premier tome très prometteur, on retombe assez rapidement dans le classique du monde du manga avec les situations comiquo tragiques habituelles. Personnellement je trouve pas que ce titre soit réellement un seinen mais il pose des question auxquels l'humanité est incapable de répondre actuellement: la peine de mort, le repentir, le pardon? Bref on se retrouve devant un beau manga qui pose des questions criantes de vérité, mais est-ce que quelqu'un d'influent est-il prêt à se battre pour ceci et ne sont-elles pas déjà connu de tous?
Critique de Psypsy : 

Détenu 042, voici un manga qui m'a laissé perplexe.
J'avais d'abord lu les 2 premiers volumes, j'avais trouvé ça très sympa. Puis j'ai acquis plusieurs mois plus tard le reste de la série. Après la lecture de l'intégrale, je suis réellement très mitigé sur cette série.
D'abord, le dessin : les premières pages sont agréables à regarder, l'ambiance dans la prison est sombre, les traits sont finalement assez durs. Après, le héros sort de prison, et ce n'est plus du tout la même ambiance. Il y a quelque chose qui cloche. La Mangaka Yua KOTEGAWA est une femme, ça ne se sent pas tout de suite avec des traits qui sont "assez shonen", la disposition des cases renforce cette impression. Par contre, les angles choisis, les gros plans constants sur les visages viennent typiquement de l'univers Shojo. Finalement, on se rend compte que KOTEGAWA a des problèmes de proportions qui rendent les persos masculins assez moches avec de tout petits yeux placés vers le haut et des membres parfois trop allongés, et aussi des problèmes de perspective qui font que 90% du temps, les têtes seront de 3/4 face car c'est l'angle qu'elle maîtrise le mieux.
Bon, je pinaille un peu, mais en fait je suis déçu d'avoir trouvé le dessin sympa au premier abord alors qu'il est bourré d'erreurs :p
Pour l'histoire : Le gouvernement Japonais veut faire une expérience sur les condamnés à mort. Les détenus sont relâchés avec une puce placée dans le cerveau du patient. A la moindre pulsion de meurtre, celle-ci expose. C'est Ryohei Tajima, qui a tué 7 personnes, qui est choisi. Celui-ci est assigné au nettoyage et au jardinage dans un lycée.
L'idée était très bonne et nous plaçait directement devant des questions remettant en cause la peine de mort, la réinsertion des détenus et leur place dans la société.
Oui, mais voilà, il y a un problème qui casse toute cette histoire : c'est le sujet lui-même. Ce genre de manga aurait dû être fait avec un vrai killer, un récidiviste assoiffé de sang, un pur, un dur, un tatoué tout droit sorti du pénitencier de "OZ".
A la place de ça, on a Ryohei Tajima, un gars condamné à mort qui a tué 7 personnes parce que c'est la faute à la mafia, pis de toute facon, il est gentil, il aide la petite aveugle de service, il va chercher des lapins, il sauve ses geoliers, il s'inquiète pour son entourage etc.
C'est du n'importe quoi, personne ne lui en veut, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. La palme revient au grand-père d'une de ses victimes qui lui pardonne parce qu'il est tranquillement en train de jardiner.
"Détenu 042" rend notre prisonnier sympatique, il tombe amoureux de la gentille femme qui s'occupe de la pauvre petite aveugle qui elle aussi tombe amoureuse de lui. Même le responsable de l'expérience finit allongé sur le lit à côté de Tajima à étaler ses sentiments comme 2 petites pucelles le feraient. Par moments, on se croirait presque dans un manga shonen-ai.
Finalement, le manga se dessert à lui même. Il est tellement plein de bons sentiments qu'on en oublie que l'on parle d'un condamné à mort. Comment parler d'un sujet aussi grave avec un personage qui n'a aussi peu rien à voir avec l'univers carcéral. Comment parler de remettre en liberté des gens qui ont violé, tué, torturé en nous montrant un gars qui s'inquiète parce qu'il ne sait pas dans quel sens couper une branche ? Comment parler des victimes et des familles des victimes en nous montrant un gars à qui on pardonne tout dès qu'on parle 2 minutes avec lui ?
Finalement, on se retrouve avec les 10 dernières pages qui nous ramènent à la réalité et qui sont à peine expliquées alors que ça aurait été la partie la plus intéressante à developper.
Pour l'édition française, on peut reconnaître la bonne idée de Kana de mettre du braille sur la couverture en référence à notre petite aveugle (je ne sais pas si l'idée est d'eux ou si c'était comme ça sur l'édition japonaise). Par contre, ne mettez pas cette couverture entre les mains d'un aveugle, ça ne veut rien dire ^^ puisqu'avec une table de braille, on traduit ça par : üëb (existe pas)ô(existe pas) iül "0jd(existe pas)b".
Après renseignement : Le braille Jap est complètement différent du braille occidentale, donc il y a bien écrit : Shikeisyu Oshini "042"
Après, on regrettera comme souvent avec Kana la mauvaise impression avec des temps de séchage qui n'ont pas été respectés et des pages qui finissent completement tachées par l'encre de la page d'en face...
Pour conclure :
Amis lecteurs/lectrices qui fantasmez sur Wentworth Miller dans Prison Break, lisez ce manga qui vous confortera dans l'idée que c'est injuste et que ce pauvre Tajima ne méritait pas ça. Si vous êtes plus Oz, je vous conseillerais plutôt Alive de Tsutomu Takahashi, ou dans un autre genre Coq de Combat de Akio Tanaka


